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Froid - Essoufflement

                            Le froid

          Il suffit de plonger dans des eaux chaudes pour ne pas avoir froid !

          Complètement faux : on peut avoir très froid dans de l'eau à plus de 30 ° (Si, ça existe, je l'ai expérimenté !)

                            L'essoufflement

          Il suffit de ne pas forcer pour ne pas s'essouffler !

          Faux : l'essoufflement a bien sûr comme cause première un effort trop grand, trop fort, trop violent, etc. Mais, il peut aussi avoir d'autres causes, notamment le stress.

          Le froid et l'essoufflement peuvent avoir le même effet : provoquer une syncope. Et, dans l'eau, si la syncope n'est pas une catastrophe, le réveil peut être très problèmatique par le besoin d'une grande respiration. Alors, autant être bien préparé, autant le syncopé que le coéquipier ou l'encadrant.

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Le froid

          Le corps humain «fabrique» de la chaleur pour stabiliser sa température aux environs de 37°C.
          Mais, comme tous corps chauds, il a tendance à se refroidir. D'où le problème : si la fabrication de chaleur par le corps n'arrive pas à compenser les déperditions, on a une sensation de froid.

          Conditions les plus favorables au refroidissement :

- Le contact entre le corps et le milieu ambiant favorise le transfert de chaleur.


- La température du milieu ambiant est très inférieure à la température du corps.



- Mauvais état physiologique du moment.



- Sensibilité au froid.
          - problème du PESH



          La fabrication de la chaleur dans le corps humain dépend de l'alimentation : la plongée, surtout lors de stages où les plongées sont nombreuses, requiert donc une alimentation de qualité pour faire face au refroidissement.

          Comment palier aux conditions de refroidissement :

          - Dans l'eau, le corps se refroidit 25 fois plus vite que dans l'air : il y a donc nécessité à limiter les déperditions : vêtement isothermique bien ajusté.

          - Les vêtements isothermiques doivent être d'autant plus efficaces que la température de l'eau est basse : si un shorty suffit à plus de 30°C, une combinaison de 7 mm est le minimum dans les eaux à 15°C ou moins.

          - Etre en bonne santé et en bonne forme physique favorise la résistance au froid. Eviter les écarts ponctuels avant la plongée : pas d'alcool, être bien reposé...

          - Chacun a sa propre sensibilité au froid.
          Le PESH peut avoir deux raisons particulières de subir le froid :
- il a perdu la sensibilité du fait de son handicap : paraplégique, notamment.
- il ne bouge pas assez pour se réchauffer normalement.

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Attention aux idées fausses !

Bouger pour se réchauffer
          Si cette recette est positive dans l'air parce qu'en bougeant, on fait activer la circulation sanguine, donc on se réchauffe, dans l'eau, c'est une catastrophe !
          En effet, si le corps se refroidit plus vite que dans l'air, c'est qu'il transmet beaucoup de chaleur à l'eau qui le touche. Donc, l'eau qui est tout près du corps se réchauffe. Le rôle premier du vêtement isothermique est de conserver « cette eau chaude ». Plus elle sera chaude, alors moins l'échange sera important.
          Si on bouge trop : cette eau chaude est remplacée par de l'eau froide ... qui demandera plus de chaleur pour se réchauffer ! On entre alors dans un cercle vicieux qui aboutit à se refroidir de plus en plus.

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Se protéger du froid

Ne pas avoir froid AVANT.



Adapter ses vêtements.




Bonne forme physique.


Limiter le temps de plongée.


Augmenter les paliers


Se protéger APRES


La communication






Cas particulier de PESH

          Lapalissade ? Peut-être. Mais, il est évident que si on plonge en ayant déjà froid, rien ne pourra s'arranger pendant la plongée.
          Donc : se couvrir avant la plongée. Particulièrement : se protéger du vent sur le bateau.

          Il est évident que la protection sera d'autant plus efficace que le vêtement sera épais. Encore que certains préfèrent plusieurs peaux : une petite laine puis une couche épaisse.
          Certaines combinaisons sont semi-étanches, ou étanches. Le fait de perdre contact avec l'eau fait aussi perdre le coefficient 25.

          Si la dépense d'énergie pendant la plongée doit être la plus faible possible, notamment en réaction au froid, un bon entraînement physique favorise la résistance au froid.

          Diminuer le temps d'exposition. Pour les handicapés, la plongée ne doit pas dépasser 20 mn si la température est en dessous de 20°C

          Les plongées handis se font dans la courbe de sécurité. Mais s'il y a paliers, il faut tenir compte des éventuels effets du froid et augmenter la durée des paliers, donc diminuer le temps de la plongée.

          Naturellement : après la plongée, on se sèche le plus vite possible. Et on se rhabille pour retrouver une protection habituelle.


          En cas de sensation de froid, il est impératif de le signaler à son encadrant dès avant les premiers symptômes : frissons, tremblements, etc. Ce qui déclenchera alors la fin de la plongée.
          D'un commun accord dans la palanquée, on peut mettre un code particulier pour exprimer le degré de sensation de froid. Au premier degré, on limite la plongée, on recherche une eau moins froide. Au deuxième degré : la fin de plongée est signifiée.
          Petite remarque de politesse : si on se sait particulièrement sensible au froid, il est bon de le signaler à la palanquée. Dans ce cas, le parcours sera aménagé pour que tous trouvent plaisir même s'il faut écourter.

          Si la sensation de froid est anormalement faible pour un PESH, il est indispensable qu'il le signale à son encadrant. Celui-ci sera alors plus sensibilisé aux symptômes qui apparaîtront au cours de la plongée et il pourra gérer au mieux les décisions qu'il aura à prendre.

          Effet ultime du froid : en cas de refroidissement trop important, l'hypothermie peut provoquer un phénomène ultime de protection : la syncope. Le corps ne gère plus alors que les organes vitaux, cerveau, coeurs, poumons. Le temps de reprendre un peu de vitalité. Et on remet le tout en route ... avec comme première action régénérer l'air dans les poumons : d'où risque de noyade au réveil de la syncope.
          Donc, si un plongeur tombe en syncope, immédiatement lui tenir l'embout en bouche et faire qu'il ne puisse pas s'en débarasser au réveil.

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L'essoufflement

          L'essoufflement est une dégradation du rythme respiratoire par à la fois :
- une accélération de la fréquence respiratoire, habituellement de l'ordre de 20 cycles à la minute,
- une altération du rendement des echanges gazeux qui peuvent aller jusqu'à ne plus exister du tout, dans les cas extrêmes.
          Le paradoxe de l'essoufflement : si, lors d'un essoufflement, on a l'impression de manquer d'air , en fait, on en consomme beaucoup plus qu'à respiration normale.
          Cette surconsommation peut atteindre 5 fois la consommation courante, alors qu'il est évident qu'en plongée, la ressource en air est limitée.

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Eviter un essoufflement

          Forme physique :
          - Maintenir une bonne forme physique. Faire un minimum d'exercice pour habituer son corps à fournir des efforts sans entrer dans la zone à risque.
          - Connaître ses limites : savoir comment son corps réagit avant l'essoufflement et savoir comment en maîtriser les effets.

          Avant la plongée :
          - Eviter un repas trop copieux.
          - Ne pas plonger si on se sent fatigué ou si on sait avoir vécu des conditions anormales : voyage fatigant, par exemple. Attendre d'être reposé avant de plonger.

          Pendant la plongée :
          - En cas de courants trop forts, utiliser les aides ou demander qu'on les mette en place : ligne de vie, etc. Ne pas se battre contre le courant. Ne pas hésiter à ne pas plonger si les courants sont trop forts.
          - Si l'essoufflement survient en surface, le dire au GP qui prendra les mesures nécessaires : attendre que cela passe ou annuler la plongée. Car, plus on descend, plus on a de risques d'essoufflement.
          - Au fond : ne pas hésiter à s'agripper et à se mettre à l'abri.
          - Bien caler sa respiration : EXPIRER le plus possible, ne pas remplir ses poumons,
          - Eviter tout effort inadapté à la condition physique.
          - Si l'essoufflement ne peut être maîtriser : prévenir au plus tôt le GP qui prendra les mesures nécessaires :
- arrêter tout effort
- remonter un peu pour diminuer l'impression d'asphyxie
- expirer le plus possible
- ralentir le rythme respiratoire.
          Petits contrôles de l'essoufflement :
          - Tester de petites apnées régulièrement. Si on est essoufflé, on ne peut pas tenir.
          - Contrôler le volume d'air dans les poumons : si on tient avec une respiration en bas de poumon , avec peu d'air, c'est que tout va bien.

          Quelques remèdes pour PESH :
          - Ne pas hésiter à demander de l'aide. Bien que le GP en proposera avant les soucis.
          - Une ou deux expirations profondes sont généralement suffisantes pour gérer un début d'essoufflement.

          Acquérir de bons automatismes :
          - Hors un trop grand effort, l'essoufflement peut être provoqué par la peur : le stress fait casser le rythme de la respiration. D'où un bon entraînement à la plongée, aux conditions un peu anormales, etc, peuvent éviter les erreurs.
          - En cas de risque, les bons remèdes sont mis en marche automatiquement, telle l'expiration profonde.



          NE JAMAIS FAIRE :
          - Bloquer sa respiration
          - Remonter vite à la surface
          - Insister dans l'effort

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Petits compléments sur l'essoufflement

          Problème de gaz carbonique mal évacué : la respiration est altérée au point qu'on n'envoie plus l'air jusque dans les alvéoles pulmonaires. Celles-ci ne sont donc plus débarassées du CO2, ce qui conforte le dérèglement.
          D'où le « expirer... expirer ...»

          Surconsommation : avec la pression, on a besoins de plus d'air qu'en surface. Si en plus, on consomme trop, la réserve peut se vider en quelques minutes.
          Réaction face à un plongeur essoufflé :
          - Le saisir et le calmer. La panique est la plus mauvaise issue.
          - Lui demander de cesser tout effort. Pendant ce temps, remonter de quelques mètres
          - Vérifier sa réserve d'air.
          - Remonter lentement. La plongée se termine :
- soit tout doucement si le calme est revenu
- soit rapidement (à vitesse contrôlée, temps de la remontée normale) si le plongeur reste trop en stress.

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Traitement particulier des PESH :

          Les plongeurs en situation de handicap sont bien entendu limités dans les efforts qu'ils peuvent assumer. Les conditions d'essoufflement peuvent donc arriver bien plus vite que pour des valides. Si le rôle du GP est de surveiller ses plongeurs pour éviter ces désagréments, il faut que le PESH sache communiquer en cas d'incident, notamment dans les palanquées mixtes.
          C'est le cas autant pour les risques du froid que pour l'essoufflement qui sont deux risques qui vont souvent de paire. Et qui peuvent aboutir au mêmes résultats s'ils ne sont pas gérés à temps.
          Donc, dans tous les cas : le froid comme l'essoufflement, il faut prévenir , plutôt trop tôt que trop tard !

          Si c'est le cas, un PESH se doit de signaler à un encadrant qu'il ne se comporte pas comme il le devrait en face du handicap. Exemple : l'encadrant qui ne tient pas compte que son plongeur ne peut pas faire une compétiion de vitesse avec lui qui nage avec des super palmes et avec une condition physique de sportif de compétition !

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  Dernière modification : 21/10/2015