Logo.
Page en cours de construction
Vous êtes ici : Site de Michel MAGNIER > La plongée subaquatique > Préparation plongeur P2 > Barotraumatismes >
          P2 : compétence n° 7 - PA20 ; compétence n° 5 - PE40 : compétence n° 6
          Retour : PECH 12 -- PECH 20 -- P1-PA12-PE20

Prévention des risques :

Barotraumatismes

          Plonger, c'est entrer dans un monde pour lequel l'homme n'est pas préparé naturellement.
          Le premier effet que le plongeur subit dès qu'il entre dans l'eau, c'est la pression qu'il ressent dans ses oreilles dès qu'il atteint une profondeur de quelques dizaines de centimètres.

          D'où la question : que devient un plongeur quand il est soumis à une pression qui peut atteindre jusqu'à 5 fois la pression atmosphérique, ce qui est le cas d'un plongeur niveau 2 ?

A moins que la question ne soit, s'il y a risque :
Comment faire pour que les effets de la pression ambiante dans l'eau ne soit pas traumatisants pour le plongeur ?




          En fait, dès les premières minutes, le nouveau plongeur est averti des petits soucis dus à la pression. Ils sont les mêmes que le nageur qui veut descendre un peu dans l'eau : il a déjà mal aux oreilles.
          Avantage du plongeur : il sait qu'il peut avoir mal, mais il sait comment éviter tous ces petits problèmes.
Alt

Sensibilités à la pression

          L'énumération est simple : partout où il y a de l'air dans le corps.
          Raison : l'air est compressible, pas les organes qui englobent les poches d'air.

Organes

Risques

Prévention

Les oreilles

Distorsion des tympans
- Le plus sensible.

- Généralement à la descente
- Atteintes généralement bénignes et réversibles
- Plutôt dans l'espace 0 - 10 mètres


- « Equilibrer les oreilles » : effectuer les manœuvres de dépressurisation (voir ci-dessous)

- Ne pas plonger en cas de problème ORL : rhume, nez bouché, etc.

- On apprend à descendre à vitesse contrôlée . C'est, notamment pour pouvoir s'arrêter dès que le mal se fait sentir dans les oreilles.
Ne jamais hésiter à signaler le mal aux oreilles pour s'arrêter, voire remonter un peu. La palanquée attendra. C'est un fait très, très courant.


Les poumons

Surpression pulmonaire

- Le plus grave.

- A la remontée
- Atteinte des alvéoles pulmonaires

- Très facile à éviter : depuis toujours, dans votre vie de plongeur, on vous serine dans les oreilles: EXPIRER à la remontée.
          Votre encadrant vous fait remarquer systématiquement quand vous avez oublié de faire des bulles. C'est pour vous prémunir contre ce risque.

          C'est une des deux raisons principales qui obligent à remonter lentement , quelques soient les conditions de la remontée.
Les sinus

- Généralement à la descente
- Mal aux sinus, voire très mal
- Très simple : on ne plonge pas quand les sinus sont encombrés. Point !



Les dents

- Douleur due à la pression dans une carie
- Ne pas oublier un passage chez son dentiste avant un séjour de plongée, en lui précisant que vous allez plonger.
Estomac - Intestins

- Plutôt à la remontée.
- Douleurs suites à de l'air avalé pendant la respiration ou génération de gaz digestifs.
- Ne pas hésiter à provoquer l'élimination de ces gaz
- Eviter trop de boissons gazeuses et les féculents avant la plongée.


Les yeux :

Placage de masque

Si les yeux ne contiennent pas d'air, en plongée, ils sont situés dans une enceinte créée par le masque.
A la descente, la pression pèse sur la vitre du masque, ce qui écrase la jupe. Mais, quand l'écrasement ne peut plus compenser, c'est la partie du visage protégée qui s'avance. Dont les yeux ...

- Incident douloureux après coup, comme « un bleu ». Très spectaculaire pour les autres plongeurs !
- Souffler régulièrement dans le masque pour « remettre de l'air » , en fait pour compenser la pression ambiante.

- Ne pas serrer la sangle du masque. C'est ici la preuve que le masque tient tout seul dans l'eau.

Organes sensibles du plongeur : les oreilles

          En plongée, les oreilles sont sollicitées pour deux raisons :

Centre de l'audition : les tympans

          Le tympan est une membrane souple dont le rôle est de transmettre les sons à l'oreille interne. Le son fait vibrer le tympan sous conditions :
- il faut qu'il soit assez souple pour vibrer et
- assez tendu pour bien vibrer.

          Mais, la déformation qu'il peut supporter est limitée. Si on imagine que la poussée provoquée par le son est en général faible, donc supportable, la pression exercée par l'eau peut être traumatisante, voire gravement.
          La seule solution : c'est que la pression dans l'oreille compense le surplus de pression arrivant de l'extérieur :
il faut équilibrer la pression dans les oreilles.

          Cette manœuvre s'apprend. Plusieurs possibilités sont à disposition.
          Les problèmes existe essentiellement à la descente. Mais, on peut aussi les rencontrer à la remontée.
Centre de l'équilibre : les canaux semi-circulaires.

          L'équilibre global de l'homme est géré par les canaux semi-circulaires cachés dans l'oreille interne.

          Dans l'eau, on subit deux anomalies :
- la pesanteur disparait
- on peut très facilement prendre n'importe quelle position.

          Si, dans la plupart des cas, l'équilibre n'est pas un problème particulier en plongée, les méthodes de compensation de la pression dans les oreilles peuvent perturber les centres de l'équilibre, par exemple :
- mouvement d'équilibrage trop brusque
- déséquilibre entre les deux oreilles qui peut amener des vertiges assez difficiles à gérer ( besoin d'aide de l'encadrant )., qui peuvent entraîner l'arrêt d'une plongée.

          Attention : les manœuvres ne sont pas à faire seulement quand on descend. Il faut aussi les faires quand «on redescend» ! Si le parcours de la plongée amène à remonter, pour passer une barre de rocher, par exemple, ne pas oublier de corriger la pression après le passage de la barre.

Effets de la pression sur l'oreille

Augmentation de la pression à la descente

Diminution de la pression à la remontée

Alt Alt

Com-pen-ser

          Impératif : pour pouvoir descendre, il est absolument nécessaire d'équilibrer la pression entre l'oreille externe et l'oreille interne.

          Tout l'outillage est déjà là ! Les trompes d'Eustache permettent l'apport en air, donc en pression, de l'oreille interne depuis les fosses nasales.
          Mais, si les trompes s'ouvrent régulièrement, il faut forcer ce mouvement naturel au moment où le besoin s'en fait sentir. Même, il est fortement conseillé d'anticiper. Car, si la pression devient trop forte, il y a réaction des trompes qui se bloquent.
          L'idée la plus simple est de commencer à compenser avant de descendre : déjà sur le bateau, avec la BTV, il est possible de détendre et de débloquer les trompes. Ensuite, dès le début de l'immersion, il faut décompresser avec des méthodes douces tant que possible.

          Attention : si la Valsalva est la méthode la plus pratiquée et la plus facile , elle n'en demeure pas moins l'une des plus violentes. Ne l'utiliser donc qu'avec précaution.

          La BTV , béance tubulaire volontaire , est assez difficile à comprendre et à manipuler. Mais, quand on a pris l'habitude, c'est la meilleure méthode : elle est très efficace et sécurisante.

Alt

Effet d'équipe

          La descente est toujours lente au début, emmenée par l'encadrant qu'on ne doit pas dépasser. En voici une raison.

          Si un membre de la palanquée a un souci d'oreille : c'est toute la palanquée qui attend ! Eventuellement pendant que le plongeur remonte de quelques dizaines de cm pour faciliter le passage.
          «Il est interdit» de perdre une oreille pour une plongée !
          Ne jamais hésiter à arrêter la descente sur une douleur d'oreille. D'ailleurs, l'encadrant, qui connait ses plongeurs, sera toujours très prudent entre 3 et 6 mètres, zone de prédilection des ennuis de pression.
          Deux remarques :
- cela va faire du bien à tout le monde de provoquer un petit temps d'adaptation
- peut-être qu'un autre plongeur allait arrêter la palanquée 20 ou 50 cm plus bas.

          Si on est sujet à ce problème, c'est bien d'en avertir avant de descendre. Personne n'est surpris et tout le monde attend d'autant plus facilement.

La surpression pulmonaire

          Les poumons sont très sensibles à la pression.

          C'est d'abord le principal contact entre le corps humain et l'air ambiant, donc la pression ambiante en surface.
          Ils fonctionnent parfaitement si les conditions de pression sont bien cadrés.

          Le parcours de l'air s'arrête dans les alvéoles pulmonaires.
          C'est là qu'ont lieu les échanges gazeux entre l'air ambiant qui apporte l'oxygène et le sang qui s'y débarrasse du gaz carbonique.

          L'air arrive jusque-là parce que les muscles respiratoires augmentent le volume de la cage thoracique. Comme les poumons sont tout mous ils se dilatent : les alvéoles grandissent. Quand l'inspiration est terminé, les muscles respiratoires se relâchent et tout retombe : cela comprime les poumons qui se vident.
          En fait, les alvéoles pulmonaires sont en permanence soumises à une variation de pression au fur et à mesure de la respiration. Mais, cette variation est de l'ordre de quelques dizaines de millibar. Au maximum, elles acceptent en moyenne 300 mbar de pression maximum ... avant d'exploser !
          Plusieurs constatations :
          - 300 mbar, c'est 3 mètres d'eau ! Donc, les alvéoles peuvent casser dans une piscine !
          - entre deux cycles de respiration, en plongée, combien de pression peut-on envisager envoyer dans les poumons ? Cela dépend du temps d'un cycle respiratoire et de la distance verticale parcourue pendant ce cycle.
          - si une alvéole casse, le saignement est immédiat
          - si une alvéole casse, l'air peut immédiatement envahir le sang.
          - sans vouloir brosser un tableau trop noir : si une alvéole casse, ce n'est certainement pas grave. Sauf si elle n'est pas seule à casser ...


          Moyens de protection contre la surpression pulmonaire : très simple :
- ne jamais bloquer sa respiration en remontant (d'où le « -je veux toujours voir des bulles ...»)
- respirer en ne chargeant pas complètement les poumons en air (d'où l'apprentissage de la respiration «en bas de poumons»)
Alt

          Un chapitre est consacré aux conduites à tenir en cas d'incident.








 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 02/12/2015