Le monastère Sainte Catherine
Sharm el Sheikh est un désert. Un désert touristique, mais un désert quand-même. Si l'activité, l'animation de la station font croire à une sorte d'eldorado, il est évident que des tas de sable succèdent à des tas de sable, même si une vie artificielle est menée par toute l'activité humaine du littoral.
Ici, on plonge, on se fait griller sur la plage, artificielle, ou on ne fait rien ! Mais, parmi les tas de sables qui se suivent les euns les autres comme les moutons d'un immense troupeau, il existe quelques traces de vie, dont l'une est le fondement même de notre histoire :
le monastère Sainte Catherine.
Le monastère est une oasis de pierre, de spiritualité, d'humanité, de religiosité au milieu de rien.
Si on ne cherche pas, c'est la seule excursion envisageable depuis ici. S'il existe d'autres destinations de découverte, nous ne les avons ni cherchées ni trouvées.Aussi, profitons de cette opportinité :
Visite du monastère Saite Catherine et du Canyon coloré en un grand safari 4x4 d'une journée.
70 Euros par personne, déjeuner compris. C'est ok !
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Attention : image longue à charger
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Alors, départ à 7 heures devant l'hôtel.
Nous nous retrouvons ainsi dans la bétaillère vers 7h30 pour se perdre quelques minutes dans les méandres de la circulation égyptienne toute particulière avec des ronds points qui n'en finissent pas. Enfin, nous atteingnons le point de raliement n° 1 : une station service puant le pétrole où le café noir infecte et imbuvable est facturé la modique somme de 3 euros pièces. J'ai dit qu'à 5 euros les deux, c'était tout ou rien. Le garçon a choisi tout.
Enfin, après une longue attente notre convoi s'ébroue : deux Land Cruiser Toyota de 1960, rectifiés 1963, peut être même 1966. Ils sont en parfait état et très propres. Mais les lames de ressort qui servent de suspension ont oublié qu'elles n'ont plus cours depuis trop longtemps pour être encore confortables. D'autant que les sièges ont, eux aussi, perdu de leur moelleux, si tant est qu'ils en aient eu un jour. Enfin Cela devrait ne pas trop mal se passer. Nous ne sommes que quatre. Il y a de la place pour huit. Quoique, à huit, on se tient sans le vouloir et cela bouge moins !
Heureusement pour nous, l'asphalte est presque de bonne qualité. S'il n'y avait les check points drastiques et militaires à tout bout de champs, nous n'aurions presque pas senti les trépidations matinales.
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Notre guide profite de l'ombre portée par le premier olivier venu pour nous faire les préliminaires sur l'historique du monastère.
Naturellement, nous buvons goulument ses paroles toutes emprintes d'un accent indéfinissable. Ce n'est pas un accent arabe. Nous ne connaissons pas l'accent égyptien. Peut-être en est-ce ? Alors, pardonnons-lui les petites imperfections de son langage par ailleurs tout à fait compréhensible.
Il nous fait les recommendations d'usage en cours devant tous édifices religieux significatifs. Nous promettons d'être sages.
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La première visite est celle de l'ossuaire dans lequel les restes des moines depuis les débuts de l'ère chrétienne jusqu'au 18° ou 19° siècle sont entassés, bien rengés, les crânes d'un côté, les côtes de l'autre, etc.
Après ce propt rafraîchissement, nous nous engageons dans le montée vers les murailles du monastère. Des Bédouins nous invitent bien à faire ces quelques centaines de mètres à dos de dromadaire. Comment ont-il déjà oubliés que depuis 150 km, nous sommes ballottés comme des pruniers dans nos dromadaires mécaniques et qu'un peu de calme ne sera que bénéfice pour nos vielles carcasses.
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A l'intérieur du monastère, notre guide ne pourra plus rien nous dire : on n'a pas le droit de parler dans la chapelle et il y a trop de monde pour s'entendre facilement dans les ruelles. Par comparaison, nous sommes ici dans les conditions de la visite du Mont St Michel de chez-nous : rues étroites, foule qui n'est pas des grands jours, heureusement, mais qui est déjà nombreuse.
Les photos sont interdites dans la chapelle. Alors, tant pis pour les magnifiques lustres et candélabres et les icones qui sont rassemblées dans la pénombre de la galerie.
Nous pourrons néanmoins profiter de la fresque de
la Transfiguration du Christ
qui trône au dessus de la porte d'entrée de la chapelle. Cette peinture qui s'affiche ici depuis plusieurs siècles profite des conditions climatiques de conservation uniques au monde : pas d'eau pour l'user ou la salir, pas de soleil parce qu'elle est orientée au nord. Mieux que dans un musée.
A l'autre bout de la ruelle, le long de la muraille, subsiste certainement l'arbuste le plus connu au monde :
le buisson ardan
, celui d'Abraham soi-même.
Sa renommée lui est telle qu'il faut le tailler pour que les visiteurs arrêtent de martyriser ses branches en en cueillant une brindille chacun.
Le passage est incessant. C'est très difficile de faire une photo sans personne.
En fait, l'espace visitable du monastère est très limité : la chapelle avec la gallerie d'icones et la ruelle principale au bas du monastère avec le buisson ardant.
En revanche, depuis les rochers de la montage, en face, on a une vue magnifique de l'édifice : les clochers, les chambres des moines, etc.
Ce lieu est un maillon majeur de notre civilisation. Alors, sa visite s'impose.
Vue sur la citadelle, perdue en pleine montagne.
Comme tous les sites visités au monde, les marchands du temple font leurs affaires. Ici, c'est surtout les retours en dromadaire et la vente sous le manteau des revues sur le site. Toutes les langues y sont représentées : anglais, allemand, italien, français.
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