Vers l'Ouest, Tioute !Depart vers l'AtlantiqueLe potier de Skoura
Après deux prolongations à l'Amazir, il faut bien un jour penser au départ. Nous allons doucement rejoindre l'Atlantique sans retraverser l'Atlas. Puis, nous remonterons le long de l'océan. Le voyage durera une huitaine de jours. Comme à l'habitude, personne ne nous attends nulle part. Nous irons au grès du vent.
Le premier sentiment est de passer une nouvelle nuit à Ouarzazate.
Halte à Ouarzazate
La palmeraie de Tioute
Nous rejoinions Taliouine, au pied du Toubkal, la plus haute montagne de l'Afrique du Nord. Là, nous prenons le temps de boire un coup en ville. Nous roulons depuis ce matin. S'il est vrai que cette route est monotone, il convient de prévoir une halte pour cette nuit. Compte tenu de l'heure, Taroudant n'est plus loin.
Marie, qui ne se sépare jamais de son Routard nous trouve une auberge pour la nuit : l'auberge Tigmmi, à Tioute. Un coup de téléphone pour confirmer et le tour est joué. Spectacle difficile à intégrer pour nous, Français : commet se faire une idée de la maison dans laquelle on entre. Voici l'hôtel vu depuis la route : une petite bâtisse carrée close par une énorme et lourde porte en bois clouté comme dans les chateaux-forts. Quelques fenêtres de la taille de meurtrières pour égayer le tout ... Puis, quand on arrive dans la cour, cela devient une bâtisse proprette, avenante, bien baignée du soleil du soir (même si la photo a été prise le lendemain matin, au départ !). Tout n'est que calme et sérénité. Les hôtes les plus bruyants sont les dizaines de tortues qui nichent dans les jardins. Attention aux enfants : qu'ils ne marchent pas dessus ! C'est le maître des lieux qui nous reçoit. Il nous présente un peu son établissement et la palmeraie qui l'entoure. Il nous propose de visiter ce joyau avant le diner. Un gamin peut nous accompagner pour mieux profiter de la promenade.
Nous traversons donc le village vers la palmeraie. C'est l'heure où les habitants commencent à sortir pour les rencontres habituelles du soir, à la fraîche. Le gamin qui nous accompagne nous baratine mieux qu'un vrai guide. Il connait tout sur son village, il est rusé et plein d'humour. La première vision est «le scandale» de la ville : un immense mur de béton a été construit au dessus de la médina pour abriter un hôtel moderne. Cette construction mérite autant de considération que le pont des gorges du Todra : c'est horrible d'avoir dénaturé ainsi un site si pitoresque. J'ai vu depuis, sur Internet que, depuis là-haut, on a une vue extraordinaire sur l'Atlas et le Toubkal. Nous aurions dû y monter. Nous allons faire à pied un petit circuit dans les champs, sous les palmiers. Le gamin ne tarit pas d'anecdotes, de discours fort intéressants. Ils nous posent une question : « - Avez-vous déjà vu un palmier à citrons ?» Bien sur que non ! Pourtant, quelques pas plus tard, il nous présente son «palmier à six troncs», heureux de sa farce. La visite de la palmeraie est instructive à plusieurs titres : - Voir les jardins et les cultures sous les grands arbres, comme partout dans le pays. Mais ici, c'est facile d'accès. - Visiter les systèmes d'irrigation sophistiqués : deux grands bassins retiennent des centaines de mètres cubes d'eau qui sont distribués dans des rigoles en béton. - Le soir, la fraîcheur de l'air sous les grands arbres est réconfortante.
Conclusions
La traversée du Maroc d'est en ouest devait durer deux ou trois jours. En fait, nous aurons fait le chemin en une seule journée. Cela nous laissera d'autant plus de temps pour la remontée vers Tanger.
Malgré la rapidité de l'étape, nous aurons profité de la halte à la palmeraie. Deux regrets, toutefois : - nous n'avons pas acheté assez de produits à la boutique de l'argan, spécialité du village de Tioute ; - nous n'avons pas vu la montagne depuis la citadelle. J'ai vu une image sur Internet : c'est grandiose. Demain, nous entrons dans un nouvel espace : la bordure océanique du Maroc. Maintenant, nous aurons de l'eau partout. Le désert s'efface pour des paysages «plus européens». |