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L'arrivée au Maroc


Algésiras - Tanger

          Il existe deux façons de se rendre au Maroc :
          - la plus simple : on monte dans un avion qui se pose à Marrakech ou Agadir ou ailleurs.
          - la meilleure : on monte dans sa voiture et on y va par la route.

          La deuxième solution, comporte des avantages, dont le principal : il est très facile de circuler en été au Maroc sans itinéraire préconçu. Peut-être est-il un peu difficile de trouver de l'hébergement de qualité à Marrakech. Mais, partout ailleurs, c'est sans problème. Nous avons même rencontré des conditions complètement différentes : passer 10 jours seuls dans de grands établissements hoteliers.


L'embarquement

          La première fois est impressionnante. On arrive de nuit au port d'Algésiras. On entre dans un immense labyrinthe, grand comme tous les parkings de super-marchés de Nancy réunis, dans lequel on peut ranger des milliers de voitures. Nous avons eu la chance de passer des jours sans cohue : en arrivant vers 2 ou 3 heures du matin, nous n'avions qu'une petite centaine de véhicules devant nous. Les voitures sont surchargées tant de passagers que de bagages. La longue attente de l'ouverture du bateau commence. Tout le monde dort, harrassé par la pénible traversée de l'Espagne, qui dans la voiture, qui sur un tapis à même le trottoir ...

          Ensuite, vient l'heure de monter dans le ferry. Les colonnes s'ébranlent dans la froidure de la fin de nuit. Dans une file, quelqu'un a oublié ses phares et la voiture ne démarre plus. Puis, quand le monstre a avalé son pesant de touristes, trois ou quatre cents voitures, les portes se ferment et il s'ébroue. Ouf, on est parti les premiers !

          Le port est traversé alors que les rayons du soleil ne réchauffent pas encore le paysage. La lumière bleu, froide de la fin de nuit, les gens encore endormis donnent des frissons à ceux qui semblent un peu plus vaillants. Les grandes silhouettes des longs cargos ressemblent à des fantômes immobiles sur la mer calme du petit matin.

          Enfin, les premiers rayons du soleil jouent à cache-cache avec le célèbre Rocher : Gibraltar.

Les grands bateaux d'Algésiras.   Le rocher de Gibraltar.

Traversée Algésiras - Ceuta


          Après trois gros quart-d'heure à toute vibrure du ferry, arrivée au point du jour à Ceuta.
          C'est toujours l'Espagne. Le débarquement se fait très rapidement.

          Un petit tour vers le sommet de la pointe avant de passer la frontière, à 3 ou 4 km d'ici.

Lever de soleil à Ceuta.
          En fait, mieux vaut ne pas perdre de temps.
          Le passage de la frontière est long. Et le spectacle est surréaliste.

Traversée vers Tanger

          Tanger est sur l'Atlantique, à l'autre bout du détroit. Le voyage est donc plus long. Suivant les bateaux, il dure 1h30 à 3 heures, sauf sur les hydroglisseurs rapides.
          Mais, la traversée gagne en calme. Dès qu'on a quitté les eaux territoriales espagnoles, les formalités douanières peuvent être faites à bord. La queue est longue, mais, par rapport aux difficultés de Ceuta, c'est un plaisir. Et puis, dans la famille, si un membre s'y colle, les autres peuvent dormir bien au chaud sur une banquette ou aller voir les dauphins qui rivalisent de vitesse avec le bateau.
          Dès l'arrivée au port, le bateau s'ouvre et crache ses tonnes de touristes, pour la plupart, des immigrés de retour au pays. C'est l'exaltation et la fébrilité. Il faut vite reprendre la route pour une grosse journée, peut-être plus.
          Dès la sortie du port, on se retrouve en ville quasi instantanément. s'il n'y a pas eu de contrôle de douane particulier. Il faut passer les barrages de marchands de rien qui font des grands signes au milieu de la route. On est tout de suite dans l'ambiance. C'est l'heure d'un petit croissant à la terrasse d'un café sur le boulevard, tout près d'ici. « - C'est la première fois que tu viens. Bienvenue. Bienvenue au Maroc.» Les salamalecs apaisent un peu l'agressivité des gestes des énergumènes.
          Attention : il est 3 heures plus tôt qu'en France. On arrive donc vers 8 heures du matin, heure locale.

Le port de Tanger.


          Les deux années passées, nous sommes restés une journée entière à Tanger. Nous avions réservé une nuitée en hôtel pour assurer au moins un jour de repos avant la descente vers le Sud et pour visiter la région.

          Ici, on n'est pas complètement au Maroc : l'influence cosmopolite de la ville est bien présente, même si le quartier de la médina est purement local : tout y est : les souks, les odeurs, les boutiques, le monde. ( il n'est pas rare de mettre une 1/2 heure pour traverser en voiture la place en haut de la médina. Même si on ne cherche pas cette plaisanterie, quand on est coincé dans les sens interdits, il faut mettre son mal en patience).

          Lors du dernier voyage, nous avons quitté la ville immédiatement.

          Tanger n'est pas une ville touristique. C'est une immense métropole de passage entre deux mondes. A ce titre, elle mérite qu'on s'y arrête et qu'on s'y attarde plusieurs jours. Il faut la sentir, la goûter, l'apprécier comme un bon vin : doucement, profondément. On comprend alors qu'au début du siècle dernier, cette ville était un rendez-vous de personnalités comme des écrivains et des artistes.

Quitter Tanger

          Si Tanger et ses environs méritent l'arrêt, la route vers le sud n'est qu'un passage. Asilah est très jolie. Larache est un port qui, heureusement, dispose d'une route de contournement...

          Sinon, comme nous somme sur l'ultime portion d'itinéraire du retour sur lequel on peut vendre quelque chose, la route est bordée de champs de poteries. Ou plutôt, la route était ... En effet, l'autoroute Rabat-Tanger avance à grands pas vers Tanger. La route est donc désertée. Et les commerces disparaissent.

  Les potiers entre Larache et Tanger.

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  Dernière modification : 21/12/2010