MerzougaLes dunes les plus célèbres du MAROC
Les dunes de Merzouga sont le premier avant-poste du Sahara. C'est les premières vraies dunes avant l'Algérie.
En revanche, pour y arriver, depuis Tinerhir, on parcours une route qui traverse des kilomètres carrés de sable. Le jour où nous avons fait ce parcours, en été 2000, le vent était très fort. Nous avions l'impression de rouler dans le brouillard. Les paquets de sable volaient comme des soufflées de neige chez-nous, en hiver. Les tas de sable laissés sur la route ressemblent étrangement aux soufflées de neige de nos routes. A l'arrivée à Arfoud, le soleil était revenu
Le Kenzi Bélère à Arfoud
Nous profitons d'un hôtel tout neuf. L'agence de voyage qui nous a préparé le parcours nous avait prévenu :
« - Il n'y a pas encore de plaquette. Mais on nous a dit que c'était bien. » L'information était fausse. C'était très bien. L'hôtel est très étendu. Il est composé de bâtiments dédiés : un grand bloc pour les parties communes : salles de restaurant, réception, etc. La piscine est aussi belle que celle du Bélère de Ouarzazate. Elle est un peu sale le jour de notre arrivée : elle est pleine de sable livré gratuitement par la tempête.
Les chambres sont distribuées par petit blocs de 4 dans un champ de plusieurs hectares. C'est magnifique. Vu de l'intérieur, c'est encore mieux : chaque chambre est plutôt un appartement : une grande entrée, une grande salle de bain, une grande chambre qui contient deux lits de 160 x 200 et un grand salon. C'est les plus grandes chambres que nous ayons eu le plaisir d'habiter. Arfoud est au bout du monde. Est-ce pour cela que l'architecte a mis au point un confort bien au-delà du commun ? Malgré l'espace, la construction n'est malheureusement pas d'une qualité extraordianire. Quelle sera la durée de vie de cet établissement ? En 2004, je ne le vois pas sur les pubs internet de la chaine Kenzi.
La grande palmeraie d'Errachidia
Arfoud n'est pas une belle ville. Hors la zone des grands hôtels, il n'y a rien à voir. En revanche, la route vers le nord est à parcourir.
Jusqu'à Errachidia, la rivière Ziz arrose la plus grande palmeraie du Maroc : environ 70 km de vallée complètement innondée par la marée verte des palmiers. Comme la route suit la rivière depuis le haut de la falaise, le voyage est des plus panoramiques. Dans ces confins de civilisation, l'eau est rare. Nous sommes dans les limites de l'habitat humain. Pourtant, au détour d'un virage, un immense geyser crache des mètres cubes d'eau depuis plusieurs dizaines d'années. Malheureusement, cette gesticulation de la nature est complètement inutile à l'homme : c'est de l'eau salée.
Les dunes de Merzouga
Après notre visite à Errachidia, nous décidons d'aller avec nos propres moyens jusque sur les dunes, malgré tous les 4x4 qui ne demandent qu'à nous y emmener.
Armé d'un peu de courage, du guide du Routard et de beaucoup d'inconscience, nous décidons d'emmener notre Fiat Palio jusque là-bas. A tous les téméraires touristes qui existeraient encore, permettez cette information : allez à Merzouga par ses propres moyens, c'est très facile : il suffit de conduire avec assez de prudence pour ne pas casser, de bien suivre la ligne de ce qui reste des poteaux téléphoniques. Mais, il est une consigne impérative : si on part de jour, on en revient la nuit ! Alors, là, c'est bien plus rigolo. Je rappelle qu'il n'y a pas de route, pas un seul panneau indicateur fiable, qu'il y a plein de pièges naturels tels les tas de sables mouvants et ... pas de becs de gaz ! En revanche, il y a des tas de conducteurs locaux qui n'aiment pas qu'on y aille sans eux et qui le font sournoisement savoir : déplacement des rares panneaux indicateurs, par exemple. L'expérience est vraiment à vivre une fois dans sa vie !
Le mauvais temps ne nous a pas permi de voir le si beau coucher de soleil sur les dunes. Mais, nous avons pu rencontrer quelques habitants, dont l'inévitable marchand de tapis de la seule coopérative officielle depuis le coin de la rue. Il est possible de passer la nuit sur place et de dormir chez l'habitant (ou plutôt sur le toit de chez l'habitant) Nous avons rapporté un petit tube de sable de Merzouga.
La route de Zagora
Depuis Arfoud, il est possible de relier Zagora par la route du Sud, via Rissani, Tazzarine.
Cette route est très jolie. Mais, il semble que la vie n'y soit pas tout à fait un long fleuve tranquile. Les conditions de vie sont loin de celles de pays merveilleux comme la France. Il fait chaud et soif. Il ne semble pas avoir autre chose à faire que garder des chèvres ou cultiver quelques tas de sable. Nous avons rencontré plusieurs zones de cultures. Il suffit qu'un peu d'eau ravitaille quelques palmiers : il y a à boire et il y a de l'ombre. C'est suffisant, à condition d'aider un peu la nature en maintenant des systèmes d'économie d'eau.
La route est bordée de villages éparpillés sur les colinnes, contrefort de l'Atlas. Un petit arrêt ici ou là permet de visiter des lieux de vie écrasés de soleil. Mais, il y a toujours un point d'eau avec une marmaille autour, d'autant qu'un arbre immense dispense une ombre généreuse. Ce qui surprend le plus, dans ces paysages arrides, c'est les kilomètres de murs. Des enceintes hautes d'un à deux mètres, grandes de 2 ou 3 ares sont semées partout. Les cailloux sont nombreux. Mais, pourquoi tant de murs qui semblent ne servir à rien ? En fait, la propriété est reconnue s'il y a un mur autour. C'est tout ! Quant à la palmeraie de Tazzarine, en 2000, nous avons vu une belle forêt bien verte. Lors de notre passage en 2001, nous avons constaté que les beaux palmiers de cette image n'étaient plus que des tas d'herbe sèche. J'espère que depuis, de l'eau sera venu remettre un peu de verdure dans ces contrées.
Tout le long de la route, vers Tazzarine, nous rencontrons des objets insolites : des bouteilles de gaz sont parsemées partout, en pleine campagne. C'est «le jour du gaz» ! Ici, on apperçoit les maisons tout près. Mais, à d'autres endroits, les bouteilles semblent abandonnées en plein désert. Nous n'avons pas vérifié si l'argent n'était pas caché sous la bouteille. Car, ici, le crédit berbère est le seul moyen de paiement valide : on paie d'abord et on est servi ensuite. (le vrai crédit berbère, c'est : moitié tout de suite et le reste avant de partir !) Mais, comme le temps n'a pas l'importance de chez-nous où on crie comme des pendus quand un train a une minute de retard, on sait ici que le camion du gaz va passer aujourd'hui ... ou demain. Alors, on laisse ce qu'il faut pour être servi sans avoir à attendre. On reviendra quand le téléphone arabe nous aura prévenu que le camion est passé. C'est vrai que la vie n'est pas encombrée de choses matérielles comme en Europe, par exemple. Mais, que vaut-il mieux : être esclave du temps comme là-bas ou vivre au gré des jours ? Peut-être existe-t-il une mesure moyenne ? Plus loin, un peu avant de rejoindre la vallée du Draa, un étrange morceau de sucre déchire l'horizon. Comme à l'accoutumée, il n'y a rien depuis des km. Nous sommes à une grosse dizaine de km du Draa : voilà les restes d'une bâtisse. Elle semble abandonnée ? Que non, au vu des sentiers qui partent d'ici, dans toutes les directions, vers les falaises ou la montagne. Les traces de pas semblent y être très fraîches.
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