Les gorges du Todra
Un site grandiose
Imaginez un plis de la montagne, un peu comme dans le Jura. Dans ce plis, un immense coup de tronçonneuse pour le couper en deux. C'est à peu près le dessin des gorges du Todra.
Quand on vient de Tinerhir, la route arrive sur une falaise de roches d'un rouge-orangé variable au cours de la marche du soleil. Dans le dessin du relief, rien ne laisse présager un passage.
Puis, tout d'un coup : la rivière surgit d'une entaille à peine assez large pour laisser passer un bus. Les parrois s'èlèvent à 300 mètres à la verticale, sur une longueur de 500 mètres, peut-être moins.
Très tôt le matin ou très tard, le soir, les gorges sont désertes. Mais, dès que le soleil les a un peu réchauffées, elles grouillent de monde. De 10 h à 16 h, c'est le défilé continuel des autobus de tourismes qui viennent se désaltérer dans une des deux auberges.
Mais, plus tôt, le spectacle peut être bien supérieur.
Les gorges sont une ressource en eau idéale pour les bergers des alentours.
Alors, si on vient assez tôt, on peut rencontrer un troupeau de chèvres avec leurs gardiens, généralement des femmes et des enfants, accompagnés par les inséparables autant qu'indispensables ânes.
Plus tard, à l'heure des touristes, les gorges sont remplies de pique-niqueurs locaux qui viennent là pour la journée. Alors, les pieds dans l'eau, ils passent une bonne journée de repos, à jouer dans les méandres des filets d'eau.
Attention : on ne se trempe pas les pieds n'importe où ! Il y a des sources. Il faut laisser les sources propres pour les bergers qui viennent chercher là leur eau à boire.
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Lors de notre première visite, nous déjeunons à l'un des restaurants. Vers midi, en plein soleil, nous voyons arriver de la vallée un petit vieux, assis sur l'un de ces ânes. Le soleil donne à la verticale dans les gorges. Il y fait très chaud. Comment se fait-il qu'un autochtone se déplace à cette heure, en plein soleil ?
Au passage du gué, il laisse ses bêtes boire et se rafraîchir les pattes un bon moment. Puis il repart. Il disparait derrière les rochers ...
Après avoir goûté à notre couscous, nous décidons de remonter un peu vers la sortie des grottes. Là, derrière un rocher, il y a une immense dalle en surplomb qui crée une cavité tout à fait confortable, bien au frais et à l'ombre, avec du sable moelleux en tapis de sol ... pour y faire un magnifique somme soi-même et ses deux ânes.
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Un fier chevalier se laisse photographier, contre une ou deux pièces.
En début d'année, le torrent traverse les gorges, vanant de la montagne. Mais, dès le mois de mai, ce puissant flux se tarrit. Il n'y a plus que les sources qui alimentent la rivière à la hauteur des hôtels.
Nous avons vu les gorges avec la rivière qui coulait depuis la vallée en amont, puis seulement avec les souces propres qui alimentaient le torrent.
Maintenant, les visiteurs ne les verrons plus qu'avec le macadam. La piste a été recouverte d'asphalte. entre l'été 2002 et l'été 2003.
Le spectacle des gorges n'y perd pas son attrait, si ce n'était le pont ridicule qui a été construit sur le gué.
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La piste a donc laissé place aux buldozers qui ont construit la route goudronnée jusqu'à Tamtattoucht et Ait Hani.
Pour les gens d'ici, c'est un progrès certain. Pour les touristes, à part le ridicule pont sur le gué, en sortie des gorges, rien n'est perdu, sauf si le passage facilité apporte son lot de pollutions diverses. A suivre dans les années futures.
En 1998, les parcelles de terre sur le bord de la piste, sont cultivées. Depuis, ces champs sont à l'abandon. La piste a été recouverte d'une belle route toute neuve.
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Pour la plupart des visiteurs, les gorges sont un arrêt de quelques minutes à quelques heures une seule fois au cours du voyage. Pour les bus qui viennent de Ouarzazate, il y a 2 à 3 heures de routes aller, autant pour repartir. Alors, il faut faire vite, d'autant qu'on aura aussi fait les la vallée du Dadès. On pourra dire qu' «on a fait» les gorges du Todra.
Mais, pour goûter vraiment à ce lieu, il faut y venir, y revenir, y rester toute une journée, se laisser bercer au murmure des eaux fraîches de la rivière. On profite alors des couleurs changeantes au fur et à mesure de la journée. Le spectacle est permanent avec les bergers et leurs troupeaux, les Marocains qui viennent en famille, les touristes en colonie de vacance, bien en rang d'oignons, deux par deux, les 4x4 qui ont acquis la gloire du Paris-Dakar en montant jusqu'ici, les camions locaux lourdement chargés de denrées de toutes sortes et transportant autant de passagers qu'un évêque peut en bénir, etc.
Retour en 2005
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