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Tinerhir

          Une large vallée s'étale entre Haut et Anti-Atlas. C'est presque une plaine, tellement elle est large. Elle est cuite par le soleil. Seule, l'altitude fait qu'ici une température de 50 degrés est plus supportable que 25 chez nous.
          Au coeur de cette grande vallée : une rivière. Ici, on dit un oued. Pourtant, cet oued semble n'être jamais à sec. Donc, ce n'est pas tout à fait un oued si ce n'est pas complètement une rivière.
          La rivière, on ne la voit pas : elle est cachée sous l'ombre des palmiers. Peut-être que, parce qu'il y a une rivière, il y a des palmiers. Les neiges du Haut Atlas alimentent cette trace de vie. Donc quinze à vingt kilomètres de palmiers ont aggloméré toute une population dans la ville de Tinerhir.

          La ville en elle même n'a pas beaucoup d'atouts. Elle n'est pas aussi typique de Boumalne qui s'étale à flanc de falaise, tout près d'ici, à 80 km. Mais, elle est aux pieds des gorges du Todra. L'agriculture dans la palmeraie et le tourisme lui donnent vie. Une vie nombreuse et grouillante comme un jour de souk. Mais, peut-être qu'il y a souk tous les jours, ici.


Panorama sur la ville

          Nous sommes descendus à l'hotel Kenzy SAGHRO. «Descendu» est mal venu. C'est le bâtiment le plus haut de la ville. Pour preuve, cette vue panoramique. En fait, c'est un montage de deux photos. Si le joint n'est pas parfait, excusez-moi, je ne dispose pas du logiciel qui va bien pour cela.
          Saghro : c'est le nom de la montagne de l'Anti-Atlas, en face de Tinerhir, dont on voit les contrforts depuis l'hôtel de même nom.

Panorama sur Tinerhir.
          Il est 6 heures du matin quand je prends ces photos. Avec le décalage horaire, il est déjà 9 heures en France. C'est donc facile de se réveiller à une telle heure, même en vacance.
          En revanche, pour les gens d'ici, il fait encore fort sommeil. Il suffit de compter les occupants des couchages sur les terrasses !

          Mais, les paysans sont délà nombreux dans la palmeraie. Quoique c'est plutôt l'heure de quitter les champs que d'y arriver : les baudets sont chargés et ils trottinent comme toujours, certainement vers l'écurie.

  Le travail très tôt dans la palmeraie.

La palmeraie

          Il faut prendre le temps de pénétrer sous les ombrages de la palmeraie. C'est un des principaux lieux de vie. Il y fait frais, il y a de l'eau : tout est réuni pour des cultures de toutes sortes : fourrage, blé, maïs, pommes de terres, tomates, ...


La distribution de l'eau.   Les champs sous les palmiers.

          Les touristes ne connaissent ce spectacle que du bord de la route des gorges. Ils sont très peu à goûter à la marche dans les champs et les jardins.

          Nous avons remonté la palmeraie depuis Tinerhir jusqu'aux gorges du Todra : 15 à 18 km de marche dans des sentiers de terre, dans les pas des paysans et les traces des ânes.
          On ne peut pas se perdre, mais le chemin n'est pas toujours facile à trouver. Un gamin d'une dizaine d'année nous a servi de guide dans le partie haute. Il a gagné quelques Dirhams. Il était tout comptant.           Remarque : si un touriste vous parle un jour des beautés de la palmeraie de Marrakech, demandez-lui s'il sait faire la différence entre un arbre et un objet quelconque, par exemple une pompe à vélo. Dans une vraie palmeraie, il n'y a pas d'hôtels à touristes, il y a une vraie vie agricole.

L'amont de la palmeraie de Tinerhir.   La palmeraie de Tinerhir.

L'hébergement à Tinerhir

          Il n'y a pas de problème pour se loger ici. Il y en a pour tous les goûts.

          Lors de notre premier séjour, nous sommes descendu au Kenzi Bougafer , à l'entré de la ville quand on vient de Ouarzazate. Comme tous les hotels de la chaine, il est correct. Il devait être fermé quelques jours après notre passage pour remise en état. C'était en 2000.

          Lors de notre deuxième visite, nous avons trouvé à 18 heures une chambre dans un hotel tout à fait particulier : le Tomboctou ( non, il n'y a pas de faute ! ). C'est une magnifique kasbah qui a été transformée en hotel par un européen. Ce point particulier a toute son importance : comment un Européen pressent le séjour de ses comptriotes dans un lieu exotique.
          Le bâtiment est une vraie construction en pisé, avec des horizontales qui ne le sont jamais, des marches d'escaliers qui sont toutes différentes les unes des autres, etc. On est ici en pays berbère et chaque pas le prouve.

          Il faut passer une nuit ou deux dans cet hôtel. Attention : pour les claustrophobes, ça manque un peut d'air : petites fenêtres avec moucharabief qui donnent dans une sorte de cours intérieure étroite. Mais tout le reste est bien, à condition d'accepter de dépaysement total que cet établissement procure.
          Les photos ci-dessous montrent une chambre typique : c'est comme cela qu'on dort ici. C'est tout à fait confortable et propre comme peut l'être une pièce dont le sol est en carrelage rustique.
          Quant à la réception de l'hotel, voilà ce qu'il en restait lors de notre passage. Non pas que nous y avions tout cassé. En fait, on arrive à l'hôtel par un couloir de presque 50 mètres depuis la route. Ce couloir était en fin d'aménagement : des chambres y ont été construites ... et une vraie réception. Je pense qu'aujourd'hui, cela doit être super beau. Le chantier le laissait fortement présager.
          Autre intérêt de cet hôtel : le patron connaît tous les environs sur le bout des doigts. Alors, pour le 4x4, le guide est ici. Les cartes d'état-major de la réception l'attestent : elles sont déjà toutes usées.

Chambre au Tobouctou de Tinerhir.   La réception du Tobouctou.

Autre philosophie de l'hébergement

          Le Tomboctou ne pouvait nous héberger que deux nuits. Alors, pour la troisième, le chef nous a envoyé dans un tout petit hôtel qui venait d'ouvrir, sur la route des gorges : l'hôtel Amazir ( le Berbère )
          C'est une toute autre philosophie. Ici, l'hôtel est construit par un Marocain qui a passé sa vie en France où il était maçon et il a pensé l'hébergement pour des européens dans une construction à l'européenne, mais à la mode marocaine. Alors, on trouve un bâtiment droit : les escaliers sont comme chez nous, les murs sont d'aplomb, les carrelages sont impecablement posés, etc.
          « Vous rechercher un bon lit et des toilettes propres ? Alors, je vous propose un bon lit est des toilettes propres.» C'est la devise du patron.

          Pour le reste, c'est notre hôtel préféré au Maroc. Alors, nous ne sommes plus objectifs. Allez-y et donnez m'en des nouvelles. D'autant que maintenant, la piscine est en service. Vous serez à l'ombre des palmiers géants pour déguster votre repas sur la terrasse, au bord du torrent. Tout comme au paradis !

          J'oubliais ! Une note bien française : l'hôtel Amazir ne sert pas d'alcool. Mais, si vous le demandez, votre bouteille sera très bien tenue au frais.

          Alors, si vraiment vous préférez des hôtels de chaine de renommée internationale, les deux Kenzi sont là. Mais, quoi qu'en dise le réceptioniste du Saghro , vous perdrez quelque chose.


          Le site internet de l'hotel Amazir est en ligne : http://www.lamazir.com



L'hôtel Amazir côté face.   La salle à manger de l'hôtel Amazir.

          En fait, le choix est clair : s'il y a de la place, alors, on choisit le petit hôtel. Sinon, on se rabat sur les gros. Mais, dans tous les cas, il n'y a pas de problème !

L'hôtel Amazir côté pile.
          L'intimité de l'Amazir ou le rouleau compresseur du Kenzi Bougafer .
          A vous de choisir !
Le Kenzi Bélère de Tinerhir.

Encore un air de palmeraie

          Les gamins en maraude en aval de la fontaine des poissons sacrés.
  Les petits braconniers.

Petit résumé sur Tinerhir

          Si vous aimez les plages à frire surchargées et les hôtels bondés où le petit déjeuner déborde de viennoiseries de type européen, complètement immangeables et où les toutous se baffrent de boules de beurre parce qu'ils n'en n'on jamais vu, qu'ils n'ont pas reconnu et que tout va partir à la poubelle, allez dans les grands centres touristiques qu'on trouve au Maroc, de Marrakech à Agadir.

          Mais, si vous voulez passer des vacances reposantes et actives à la fois, dans un décors digne des mille et une nuits, au milieu d'autochtones très accueuillants, dans des hôtels qu'en France on qualifierait « de charme », alors, venez ici.
          Le plus gros problème est qu'on s'y fait des amis.


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  Dernière modification : 21/12/2010