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          P2 : compétence n° 7 - PA20 : compétence n° 5 - PE40 : compétence n° 4

Respirer en plongée

          L'homme peut faire beaucoup de choses dans l'eau. Mais, il ne sait pas y respirer !

          Evidence !!! Oui, mais ...

          ...le moyen est limité !



          Depuis le baptême de plongée, on utilise un scaphandre composé :
- d'une bouteille,
- avec sa robinetterie,
- d'un détendeur,
- d'accessoires divers.
          Si on n'a pas peur de mettre la tête dans l'eau, un plaisir au bord de la mer est d'aller voir ce qu'il y a en-dessous. Mais, ça pique les yeux et on ne voit pas grand-chose. Et, surtout : cela ne dure pas longtemps. Le temps de compter jusqu'à 10. Peut-être 20. Et après ?
          Après ? On achète « un masque et un tuba » . Quelques hésitations, le temps de prendre ses marques et on fait un petit tour qui émerveille : il y avait autant de choses à voir ? Et on l'ignorait totalement ?
          On s'enhardit. On va de plus en plus profond. On atteint quelques mètres, peut-être 2. Peut-être 3. Mais, c'est si beau plus loin, plus bas.

          Assez loin pour se rendre compte qu'on arrive à une première limitation : le temps passé sous l'eau sans respirer. Quelle quantité d'air faut-il embarquer pour rester plus longtemps ?

          Assez loin pour aller jusqu'aux bancs de poisson qu'on voit là-bas, en dessous. Mais, cela fait mal aux oreilles. Est-ce normal ? Comment se comporter si on descend encore ?

          Quelles sont les chances de remonter ? Comment résoudre tous les problèmes de sécurités induits ? Et comment gérer les problèmes physiologiques ?

          Si, lors de ses plongées, le plongeur Niveau 1 a appris à gérer matériellement son scaphandre , qu'il a appris les règles de sécurité induites pour sa bonne utilisation, il n'a pas nécessairement pris conscience de tous les points à résoudre pour arriver à une utilisation courante.

Appréhender le temps de plongée.

          Le temps de plongée est totalement tributaire de la quantité d'air qu'on peut embarquer dans sa bouteille... et le besoin d'air qu'on a personnellement.

          Dans des conditions de vie « normales », un homme respire environ 20 fois par minute.
          A chaque inspiration, il inhale environ 1 litre d'air.

          On en déduit que cet homme consomme 20 x 1 litres = 20 litres d'air à la minute.

          Donc, pendant 1 heure, cet homme aura consommé : 20 l x 60 = 1200 litres d'air.

          Mais, ça, c'est dans les conditions de vie normale , à la pression atmosphérique qui est environ de 1 bar.

          Qu'advient-il dans l'eau où la pression est différente ?
          Qu'advient-il quand la respiration n'est plus normale ?

          Comment fait-on pour embarquer cette quantité d'air sur son dos ?
          Comment peut-on retrouver de l'air normal ?
Alt

La pression dans l'eau

          Une force qui appuie sur une surface exerce sur elle une pression .
          L'unité de pression est le Pascal : Une pression de 1 pascal correspond à une force de 1 newton exercée sur une surface de 1 m2 : 1 Pa=1 N/m².

          Mais, si une force est exercée par une masse, d'après la définition, on a une pression de 1 pascal, par exemple, si on répartit 100 grammes de sable sur une tôle de 1 mètre carré .
          Dans la vie de tous les jours, 1 pascal, c'est peanuts ! Aussi, on peut rapporter cette mesure à des dimensions plus habituelles. :
- on exprime les forces en kg ( 1kg = 10 Newton )
- on exprime les surfaces en cm² ( 1 m² = 10000 cm² )
          Dans ce cas, une force de 1kg qui s'exerce sur une surface de 1 cm² crée une pression de 1 bar .

          Une colonne d'eau de 1cm² haute de 10 mètres , soit 1 litre , pèse 1 kg .
          Elle exerce donc une pression de 1 bar !

          On arrive donc au phénomène suivant : chaque fois qu'on descend de 10 mètres dans l'eau, la pression augmente de 1 bar .
          Sans oublier la pression atmosphérique qui pèse sur l'eau : on arrive au calcul très simple :
Pression dans l'eau = pression atmosphérique + hauteur d'eau / 10

Alt

          Pour les puristes : les calculs ci-dessus ne tiennent pas compte des valeurs exactes des choses. Mais, notre propos est d'être assez juste pour respecter la réalité de tous les jours.

Pour un plongeur autonome à profondeur maxi de 20 mètres :
          Pression subie = pression atmosphérique + hauteur d'eau / 10
          Pression subie = 1 + 20/10 = 1bar + 2 bar = 3 bar
Pour un plongeur encadré à profondeur maxi de 40 mètres :
          Pression subie = pression atmosphérique + hauteur d'eau / 10
          Pression subie = 1 + 40/10 = 1bar + 4 bar = 5 bar

Relation entre volume d'un gaz et pression.

          Question simple :
- Je prends une bouteille vide. Je ferme le bouchon. Quelle est la pression de l'air à l'intérieur de la bouteille ?
          A question simple, réponse simple :
- La pression dans la bouteille est ... la pression atmosphérique ! soit : 1 bar qui est la pression ambiante.

          Autre question : - Si je peux mettre un autre litre d'air dans cette bouteille, que devient la pression ?
          Réponse :
- La bouteille, qui, elle, n'a pas changé de volume, contient alors 2 litres d'air et la pression y est de 2 bar
- Chaque fois que je verserai 1 litre supplémentaire d'air dans la bouteille, j'ajouterai 1 bar de pression.

          Encore une question pour la route :
- Si je suis à 20 mètres de fond, je remplis ma bouteille d'air. Quelle est la pression dans la bouteille ?
          Réponse :
- Je viens de calculer la pression à 20 mètres : elle est de 3 bar. Si je mets de l'air dans ma bouteille, la pression y sera naturellement aussi de 3 bar puisque c'est la pression ambiante à 20 mètres.
- Remarque : si la pression dans la bouteille est alors de 3 bar, pour avoir le même résultat à la pression atmosphérique, j'aurais dû faire rentrer 3 litres d'air à la pression atmosphérique.

          Remarque d'importance : nous avons vu qu'un plongeur a une capacité pulmonaire utile d'environ 1 litre. A la pression atmosphérique, donc au bord de l'eau, ou à 20 mètres de fond, la capacité pulmonaire est toujours la même.

--> ce qui veut dire qu'à 20 mètres, pour respirer normalement, il me faut 3 fois plus d'air qu'à l'air libre.
Alt



Conséquence directe :

- la quantité d'air dont a besoin un plongeur est directement tributaire de la profondeur à laquelle il évolue !

Volume d'air embarqué

          Si on consomme 1 litre d'air par ventilation, à une profondeur donnée, donc à une pression donnée,
- la consommation totale d'air = nombre de ventilation / minute x nombre de minutes x pression

          Mesurons la quantité d'air qu'il faut pour vivre 1 heure à 20 mètres de fond où la pression est de 3 bar :
- on consomme donc : 1 litre / minute x 20 ventilations x 60 minutes x pression 3 bar = 3600 litres --> soit 3,6 m²
          Le même calcul à 40 mètres , donc à 5 bar de pression donne :
- 1 litre / minute x 20 ventilations x 60 minutes x pression de 5 bar = 6000 litres --> soit 6 m²

          Il est évident que la quantité d'air embarquée est cruciale. Quelles sont les variables d'ajustement ?
- la quantité d'air nécessaire à chaque ventilation : c'est physiologique. Peut-on le maitriser ?
- le nombre de ventilations par minute : c'est aussi physiologique. Peut-on le maitriser ?
- le volume d'air dans le sac à dos : c'est de la contrainte technique. Quel est l'état de l'art aujourd'hui ?
- la pression à la profondeur de la plongée. Qui est maître de la profondeur de la plongée ?
- la durée de la plongée. Qui est maître de la durée de la plongée ?

Alt

Maitriser la quantité d'air pour une plongée donnée.

Paramètres physiologiques

          Pour aller plus loin :
          Le volume nécessaire à une bonne ventilation varie complètement d'un individu à l'autre :
- capacité respiratoire utile
- nombre de ventilation à la minute :
          Si ces données sont propres à chacun, un entraînement physique adapté permet d'améliorer notablement ces données.

          Les données physiologiques de chacun sont modifiable dans le temps
- maitrise de la ventilation active (apprentissage)
- entraînement sportif ( 1 des buts des séances de piscine)
- maîtrise du stress ( apprentissage des règles de sécurité de la plongée )

Choix de la bouteille d'air

          Pour aller plus loin :
          Dans les conditions normales de plongée loisir, les données sont assez simples. En général, pour une plongée à 20 mètres, le temps attribué est de l'ordre de 45 minutes à 1 heure.
          Une bouteille de 12 litres est un bon compromis pour les plongées niveau 1 ou 2.

Paramètres de la plongée

          Pour aller plus loin :
          La définition des paramètres profondeur maxi et temps de la plongée sont du ressort du Directeur de plongée ( DP ).
          Mais, respecter les paramètres toujours données avant la plongée, c'est du ressort de la palanquée, notamment en autonomie !
          Les paramètres prédéfinis par le DP sont notés sur la feuille de sécurité (ancienne feuille de palanquées ).
          Les paramètres effectifs de la plongée sont aussi notés. En cas d'incident, il est souhaitable qu'ils soient les plus voisins possibles.

De la respiration en plongée

Respiration à l'air libre

          Nous respirons de deux façons possibles :
- par le diaphragme : on parle usuellement d'une respiration ventrale
- par le thorax : c'est les côtes qui se soulèvent .
          En général, si chacun respire plus d'une façon que de l'autre, c'est réflexe et mêlé. C'est plutôt plus d'une façon que de l'autre.
          Mais, si l'inspiration est due à l'agrandissement de la cage thoracique par un effort musculaire, aussi réflexe soit-il, l'expiration intervient par le relâchement des muscles et l'effet de la pesanteur qui fait tout retomber.

          L'air atteint les poumons en passant :
- soit par la bouche ,
- soit par le nez.
          Et c'est d'une façon complètement automatique, sauf quelques écart, quand on veut souffler , par exemple.

          Elémentaire, mon cher Watson !!
          Oui, mais, quand on a un masque sur le nez, que se passe-t-il ?
Respiration en plongée

          Nous supportons deux handicaps :
- on a un masque sur le nez : donc la respiration nasale est compromise
- on est dans un milieu où la pesanteur a disparu presque complètement.

          La respiration devient presque* exclusivement buccale et il faut commander l'expiration qui devient volontaire.

          * presque : si la respiration est presque exclusivement buccale, c'est que de temps en temps, il faut injecter de l'air dans le masque. On a tous appris à exécuter un vidage de masque. Et si on ne compense pas la pression extérieure par de l'air dans le masque, on transforme celui-ci en ventouse. Avec des dégâts qui peuvent être non négligeable : risque de placage de masque.

          Autre contrainte : la pression ambiante peut devenir critique pour les poumons : risque de surpression pulmonaire.

          En plongée, il faut absolument maitriser sa respiration. Cela s'apprend, même vite, mais on arrive à une notion nouvelle : la respiration active : le plongeur maîtrise et dirige sa respiration comme le lui impose les conditions de la plongée.

De l'air pour qui ?

          Il est évident que la réserve d'air embarquée par le plongeur lui est destinée.

          Mais !

          Entre la bouteille et le plongeur, il y a un Système de Gestion de la Stabilité , plus connu sous le vocable Stab
          Le plongeur va injecter de l'air dans sa stab pour s'équilibrer. Et ce d'autant plus qu'il s'équilibre mal. La consommation en air due à la stab peut ne pas être négligeable ! En moyenne, utiliser 10 à 20 bar d'air pour la stab est fréquent (soit 100 à 200 litres en volume pression de surface), nettement plus si on s'équilibre mal.

          Le plongeur utilise des outils qui peuvent être consommateur, tel le parachute de palier . Un parachute peut contenir 10 litres ou plus.

          Il convient donc de prendre en compte ces consommations « collatérales »
          On a vu que la pression dans la bouteille au retour de la plongée, sous le bateau, doit être de l'ordre de 50 bar . C'est la réserve .
          Cette réserve permet une remontée dans les critères de sécurité : vitesse préconisée, palier, attente pour remonter sur le bateau, etc.

          Mais, tout peut ne pas se passer aussi bien que prévu.
          Un ennui matériel, un essoufflement peuvent provoquer une surconsommation chez l'un des plongeurs de la palanquée. Dans ce cas, il est d'usage de prêter de l'air .
          Les conditions de prêt d'air sur incident sont pratiquées au cours de la formation des plongeurs : prêt du deuxième détendeur, gestes de signalisation, etc.

          Attention : compte tenu de tous les facteurs de consommation, de surconsommation, indiquer régulièrement la capacité d'air restant dans sa bouteille, notamment avec les signes mi-pression et réserve.





 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 11/10/2015