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El Oualidia


Le charme des sentiers encore évités par les touristes

          L'étape d'hier s'est terminée à El Jadida.

          Nous n'avons pas d'attrait particulier pour cette ville balnéaire, la grande destination des habitants de Casablanca. Aucune raison particulière à cela.
          Peut-être le mauvais temps que nous y avons rencontré lors de notre premier passage ?
          Mais, une étape à ne manquer sous aucun prétexte : le restaurant de poissons.
          Si Marrakech a sa place pythique, El Jadida a son resto mythique. Tout le monde et n'importe qui vient ici. Plat unique et surprise garantie : c'est le poisson du jour. Point !
          Dès que nous le pouvons, après une nuit sans histoire, nous reprenons la route le long de l'Océan.

Première station : le restaurant Ostréa 2

          Ici, c'est comme à Oléron ou en Normandie : il y a des huîtres.
          Excellentes... quand elles sont autorisées à la vente.

          Aujourd'hui, c'est comme dans l'étang de Thau : les huitres ne sont pas autorisées à la vente pour cause de bactéries.
          Mais, ce n'est pas une raison pour oublier l'adresse. Le restaurant est un peu cher. L'hôtel n'est pas donné. Mais, en comparaison à ce qu'on trouve en ville, passer une nuit n'est pas interdit.

          C'est très facile à trouver : en entrant en ville, tout de suite à droite. C'est très bien indiqué. Dégustation possible en journée, quand le restaurant n'est pas ouvert.

          Makamouchkine. Pour aujourd'hui, le repas sera sur la plage !
Ostrea II.

Sur la plage ? Le repas sur la plage ?

          C'est très simple !
          Premier acte : Vous arrivez sur la plage, là-bas, au bout de la lagune, près du port de pêche. Vous semblez être perdu.

          Deuxième acte : un autochtone vous aborde. Il propose de vous vendre une araignée de mer. Vivante, naturellement. Et, naturellement, vous refusez. Il ne vous a pas encore donné le prix, mais c'est déjà trop cher. Alors, vous vous éloignez.

          Troisième acte : suivant ce que vous avez faim, vous laissez revenir une fois. Deux fois. Mais, les estomacs réclament. Alors vous vous laissez à discuter le prix. Oui, mais on est quatre ! Alors, cela fera ... je ne sais plus combien. Mais, pas cher, il l'a promis.

          Quatrième acte : le choix des bêtes. Dans l'eau. Elles sont restées dans l'eau depuis leur capture par les pêcheurs.
La plage de Oualidia.
          Dernier acte : en un tour de main, les bestioles sont cuites, décortiquées, prêtes à déguster.

          Et vous avez enregistré un des meilleurs déjeuners de votre séjour au Maroc !

Prêt pour la dégustation.
Choix dans le vivier.
Alt
          Tout y était. Le tapis, comme dans le désert. Le parasol pour protéger du puissant soleil. La table, une simple caisse en plastique. Le gril avec du vrai charbon de bois. Les couverts, même si c'était à minima..
          Il y avait même de l'eau pour se rincer les doigts ! Quatre étoiles, je vous dis !
          Et, en prime, le serveur nous fait la conversation. Notamment, il nous a raconté comment les Espagnols viennent par camions vendre des araignées de mer qu'ils ont pêchées à perpette pour les vendre ici, au nez et à la barbe des pêcheurs pour qui c'est une des seules ressources.

          Alors, c'est un choix.
          Soit le touriste reste dans les circuits touristiques. Il peut alors déguster une araignée pure Maroc venant d'Espagne par camion réfrigéré, dans une ambiance feutrée, à l'ombre fraîche des climatiseurs d'un hôtel restaurant qu'on dit «gros porteur». Il n'a même pas imaginé une seconde que le serveur qui s'affaire autour de lui parle.
          Soit, vous aspirez à la vraie vie de pique-nique en permettent à des autochtones de vivre à peu près bien en nourrissant un marché local dans une chaîne très bien huilée : le pêcheur d'ici vend sa pêche au marchand ambulant qui se fend en quatre pour vous construire un repas inoubliable.

Oualidia : port de pêche

          La plage n'est pas qu'un antre à touristes. D'autant que nous ne sommes pas encore sur les chemins balisés des tours opérateurs.

          C'est avant tout un petit port de pêche.
          Face à un océan qui fait déferler des vagues vennant des Amériques, un tout petit bout de plage, à peine protégé par quelques cailloux plus gros que les autres, abrite un port de pêche.
          Une quinzaine de barcasses se vautrent sur le sable entre deux sorties en mer. Et, pendant que les bateaux se reposent, les hommes préparent le prochain départ. Ou termine les travaux d'arrivée.
Oualidia, port de pêche.
          Voici justement un bateau de retour de la pêche.
          Une pauvre petite coquille de noix drossée par une houle puissante. Bien plus puissante que ne peut assumer le petit moteur hors bord embarqué.
          La marée est basse. Les cailloux sur le sable sont autant de lames tranchantes capables de couper l'embarcation en deux.
          L'aterrissage est complexe : le capitaine doir allier sa dextérité aux forces de la mer qui vont le projeter sur la plage... A condition de prendre la vague juste assez tôt pour qu'elle propulse la coque de noix telle un surf. Sinon, la sanction est immédiate : le moteur ne pourra pas passer le ressac. Et il faudra recommencer. Tourner entre les rochers. Diriger un bateau indirigeable. Retrouver la bonne vague, comme le ferait un champion de surf. Sauf qu'ici, ce n'est pas un sport d'oisifs. C'est le pain de tous les jours qu'il faut livrer à bon port.
          Aujourd'hui, il y a le moteur, si petit soit-il. Avant, avec les rames, les hommes fourbus par une journée de pêche...

          Les images sont présentées dans l'ordre chronologique.
Le retour : cliquer l'image.
          Après les péripéties de l'atterrissage, il ne reste plus qu'à remonter le bateau là-haut, hors d'eau à marée haute.
          Cinquante mètres à porter. Un petit rien, quoi !

          La main d'oeuvre ne manque pas. Tout le monde s'y colle.
          C'est peut être cela la solidarité des marins.

La criée

          A peine le bateau est-il au sec que la criée s'organise.
          Un personnage, sorte de commissaire priseur, officiel, procède à la vente du poisson.
          Les clients se pressent autour du bateau.
          En quelques minutes, les affaires sont faites et on passe au bateau suivant.

          Aujourd'hui, la vente a été bonne, m'a soufflé un pêcheur.
Remontage du bateau sur l'estran.

Bilan de la journée

          On aura mangé des araignées de la plus grande fraîcheur : elles sont sorties vivantes de leur vivier naturel sous nos yeux.
          On aura pris part aux opérations de pêche : retour du bateau, criée.
          On aura profité d'un soleil meilleur que sur notre plage la mieux exposée.
          On aura discuté avec des vrais gens d'ici. Pas de guides au discours convenu.
          On aura vu des hommes qui travaillent en symbiose avec leurs éléments.

          C'est quoi le tourisme ?

          Pour plus de choses dans les yeux : cliquer les images.
La criée à même sur le bateau.
Ma vague de Oualidia.






 
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  Dernière modification : 14/01/2011