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Le sec Pâté

Temple de la plongée, en Guadeloupe

Guadeloupe : haut lieu de la plongée.

          C'est facile à dire : nous sommes sur une ile. Une ile tropicale dont les eaux ne descendent pas en dessous de 26° au plus froid de la saison.
          Donc, si on ne plonge pas ici, on ne peut plonger nulle part ailleurs !

          C'est sans doute vrai. Encore faut-il disposer de sites, on dit des spots , qui sortent du commun. Deux spots sont célèbres ici :
- les ilets Pigeon , plus connus sous le nom de Réserve Cousteau . C'est la grande surface de la plongée : à peine 1 km de la plage de Malendure , accessible en kayak, sinon à pied, au moins à la nage... C'est le rendez-vous des autobus de plongeurs**.
- LE sec Pâté : une légende à lui tout seul !

Le sec Pâté : la légende !

          Qu'est-ce que c'est qu' un sec ? C'est justement une sorte d'ile qui n'émerge jamais !
          Un cône de calcaire, de lave, par exemple, n'émerge pas, reste donc toujours invisible des bateaux. Les marins ont appelé ce truc : un sec.

          Pourquoi une légende ?
          Parce que ce sec est d'une appoche très difficile. Il se situe à peu près à mi-chemin entre Trois-Rivières et l'archipel des Saintes , au sud de la Guadeloupe. Jusque là, rien de bien compliqué.
          La difficulté réside dans le fait qu'il est situé dans un couloir marin où, par effet Venturi, les courants sont décuplés.

          ** : effectivement, d'une part, l'accès aux spots de plongée est facile : un tout petit peu de mer généralement très calme. D'autr part, tous les niveaux de plongée peuvent se régaler : du PMT (Palme-Masque-Tuba) à fleur d'eau jusqu'à la plongée profonde à 60 mètres.
          Alors, tout le monde vient ici un jour ou l'autre. Et les jours d'affluence sont nombreux.
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« Faire le sec Pâté »

          Il faut réunir plusieurs conditions :

- 1 - : avoir le droit d'y plonger.
          En langage plongeur, c'est avoir les prérogatives qui permettent la plongée.
          Comme le sec se visite entre - 14 m et - 40 m (plus si affinité, maxi - 60m), il faut présenter un brevet de plongeur Niveau 2 minimum (niveau 3 minimum pour dépasser 40 mètres).

- 2 - : être capable d'y plonger :
          En langage de plongeur : le Directeur de plongée a validé les capacités du plongeur à savoir effectuer cette plongée sans risque pour lui et pour les membres de sa palanquée.
          Très souvent, le sec est prisonnier de courants marins très violents. Il convient donc de savoir se servir de ses palmes au-delà du commun. Plus simplement : savoir qu'une paire de palmes n'est pas une paire de pédales.
          Le nombre de plongée peu être un critère de sélection. Quoi que.

- 3 - : trouver un bateau :
          Le sec est loin des centres de plongée de Basse-Terre, notamment de ceux de Malendure. Il faut choisir son jour.
          Autre solution : aller aux Saintes et se rendre dans un centre de l'ile. Mais, il faut partir la veille.
          Dans les deux cas, le départ ne s'effectue que si le bateau compte au moins 5 à 8 plongeurs. Les départs sont donc prévus et organisés dans ce sens. Il suffit de pouvoir accorder les violons.

- 4 - : être dans un bon jour :
          Effectivement, le sec étant en pleine mer, la plongée requiert une météo adéquate : pas trop de vent, mer à peu près calme en surface. Si possible pas trop de courant.

          Pour ma part :
- niveau 3 : c'est Ok.
- 3 chiffres au compteur des plongées : c'est Ok
- je profite de la venue de Maurice et Murielle pour faire nombre : c'est Ok
- Les copains,qui sont à Bouillante,donc à Malendure, ont trouvé un bateau : c'est Ok
- la météo est favorable : c'est Ok



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          Les images sont bleues ? Profondeur de l'appareil : autour de 20mètres.
          La lumière arrive, mais pas toutes les couleurs, seulement le bleu. Donc, tout est bleu, même la tortue qui est à peu près à 25 mètres au moment de la photo.

Pourquoi une légende ?

          Les courants marins : la plongée est généralement difficile à cause des courants marins.
          La consigne, même pour des plongeurs chevronnés, c'est de ne pas lâcher la ligne de vie, cette corde qui permet de rejoindre l'abris des courants, derrière les rochers. Beaucoup de plongeurs parlent « de la descente en drapeau » tellement ça pousse.
          Nous n'avons pas eu droit à ce spectacle. Le courant était modéré. Pas inexistant, mais à peine sensible. Quoi qu'au retour,il avait un peu forci.

          La clarté de l'eau : nous sommes en pleine mer. Le fond est à 90 -100 mètres. Iln'y a pas de matière en suspension pour altérer la visibilité. Tout est clair comme s'il n'y avait pas d'eau autour de nous, à part le manque de lumière.
          On retrouve cette luminosité au Banc des Vaisseaux, par exemple.

          Les amoncellmeents rocheux : c'est une véritable cathédrale de blocs de coraux imbriqués les uns dans les autres avec des passages en tunel, des grottes, des surplombs. Du spectacle grandiose, quoi !

          La faune et la flore : le massif est colonisé par toutes sortes de plantes, d'animaux marins qu'on ne voit pas nécessairement ailleurs aussi bien qu'ici.
          Croiser une ou deux tortues, quelques grandes bestioles, est très courant. Nous avons eu droit à une belle grande tortue.
          Le barracuda est de taille tout à fait moyenne : quelques 60 à 80 cm.

          L'impression de « bleu » : le bleu , pour un plongeur, c'est le fait qu'il n'y a rien de visible sous nos palmes. Le fond est loin, quelquepart. A 100m ou à 1000 mètres plus bas. On ne voit donc que du bleu.
          Ici, le sec ressemble à un pic dont les parois sont très verticales. Dès qu'on s'éloigne un peu des rochers, on tombe dans le bleu. Un bleu même pas arrêté par les matières en suspension habituellement rencontrées, donc un bleu sans limite apparente. Donc, un bleu dans lequel le regard se perd.


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Du club des Pataploufs

          Murielle et Maurice, comme moi membres du Club des Pataploufs , sont venus en Guadeloupe. J'ai profité de leur venue pour faire le sec Pâté.
          Nous y avons eu un temps magnifique, une mer presque calme, pas de courant. Mais, une visibilité parfaite.
          Et nous retrouvions une palanquée* qui n'avait pas été constituée depuis à peu près 3 ans, depuis le dernier stage à St Cyr. Sans importance ? Non, sauf le fait que de plonger ensemble, on s'habitue, on gère les comportements sans s'en rendre compte. On sait comment ses coéquipiers agissent et réagissent. On plonge dans des conditions plus sereines.
          Et j'ai été surpris de constater comme les vielles habitudes reviennent vite !
          Merci à Murielle et Maurice de m'avoir procuré ce plaisir.


          * Palanquée : groupe de plongeurs qui effectuent une plongée dans le même temps, sur le même trajet et à la même profondeur.(C'est pour gérer les problèmes de désaturation).
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Deuxième plongée

Objectif deuxième plongée

          Du côté du club qui affrête le bateau : se déplacer pour deux plongées au lieu d'une, cela amortit le voyage.
          Du côté des plongeurs : faire deux plongées au lieu d'une, cela amortit le voyage.
          Donc, tout le monde il est content !

          Après une première plongée sur le sec Pâté , au retour, nous nous sommes arrêté à Basse-Terre pour d'une part déjeuner sur le quai et d'autre part faire une visite aux fonds à quelques dizaines de mètres de la digue, au pied du Fort Deltres.
          Il n'y paraît pas, mais ici, la falaise se poursuit jusqu'à plus de 60 m sous le niveau de la mer, presque à la verticale. D'où : plongée profonde facile presque «en partant du bord»

          Première rencontre, presque à l'ancre : Murielle découvre cet hippocampe. Bonne augure !
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Deuxième rencontre
          Un peu plus trard, on retrouve une tortue qui a élu domicile dans ce trou de rocher.
          Elle est à une quinzaine de mètres. D'où une lumière bien plus riche en couleurs que ce matin.
Autres rencontres
          Impressionnante mais pas dangereuse, sauf à mettre les doigts dedans, une murène . Chose assez exceptionnelle : nous en avons rencontré plusieurs en pleine eau. D'habitude, elles se cachent dans les trous de rocher.

          Moins réjouissant : le poisson lion , plaie des mers indonésiennes, qui colonise la mer des Caraïbes. Il est venimeux, sans prédateurs et il bouffe tout !
          Celui-ci est un juvénile d'une dizaine de cm.
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  Dernière modification : 11/04/2012